Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore, inodore, toxique et potentiellement mortel qui résulte d’une combustion incomplète, et ce quel que soit le combustible utilisé : bois, butane, charbon, essence, fuel, gaz naturel, pétrole, propane. Il diffuse très vite dans l’environnement. Chaque année, ce gaz toxique est responsable d’une centaine de décès en France.

Au cours de la période de chauffe 2016-2017, 1 041 épisodes d’intoxication au CO survenus par accident et impliquant 3 5540 personnes ont été signalés au système de surveillance de Santé publique France.

Des gestes simples contribuent pourtant à réduire les risques.

Comment être alerté si j’ai du monoxyde de carbone dans mon logement ?

Il existe sur le marché français des détecteurs de monoxyde de carbone à fixer ou portables. L’avis de la Commission de la Sécurité des Consommateurs du 21 novembre 2013 relatif au niveau de sécurité apporté par les détecteurs autonomes avertisseurs de monoxyde de carbone indique que leur niveau de sécurité est trop souvent insuffisant. Si vous choisissez aujourd’hui d’équiper votre logement d’un détecteur, assurez-vous au préalable que le détecteur que vous avez choisi soit déclaré par le fabricant conforme à la norme européenne NF EN 50291 (cette mention doit figurer sur l’emballage du produit).

Lors de l’entretien annuel de votre chaudière, le professionnel qualifié qui intervient est tenu de mesurer le monoxyde de carbone pour s’assurer que votre installation n’émet pas de monoxyde de carbone.

Par ailleurs, si votre logement est également équipé de détecteurs avertisseurs autonomes de fumées (DAAF), attention à ne pas confondre leurs alarmes. Les comportements à adopter en réaction du déclenchement de l’alarme d’un DAAF (ne pas sortir de chez soi, calfeutrer les portes, se mettre à côté de la fenêtre et attendre les secours) sont à l’inverse de ceux à adopter si l’alarme d’un détecteur de CO se déclenche (ouvrir les fenêtres et sortir du logement).

Dans quelles circonstances surviennent les intoxications ?

Les intoxications au monoxyde de carbone résultent de plusieurs causes :

- Mauvaise évacuation des produits de combustion (conduit de fumée obstrué ou mal dimensionné)
- Absence ou insuffisance de ventilation dans la pièce où est installé l’appareil (pièces calfeutrées, sorties d’air bouchées)
- Défaut d’entretien des appareils de chauffage et de production d’eau chaude.
- Vétusté des appareils
- Usage inapproprié de certains appareils, conçus exclusivement pour une utilisation en extérieur ou en appoint (appareils de chauffage d’appoint utilisés en continu par exemple, groupes électrogènes ..)
- Incompatibilité des différentes installations présentes dans un même logement (exemple : foyer ouvert et chaudière).

On observe souvent, lors d’accidents, un cumul de ces causes.
De plus, des facteurs aggravants comme des conditions météorologiques particulières (tempête, brouillard dense, grand froid…) .entraînent une élévation des risques et ce, d’autant plus qu’elles peuvent s’accompagner de l’utilisation massive de chauffages de fortune (groupe électrogène, poêle à pétrole, brasero…).
Par ailleurs, des intoxications collectives sont observées chaque année dans des lieux publics : écoles, grandes surfaces, restaurants, églises, patinoires….

Tous les types d’appareils à combustion, quel que soit le combustible utilisé, constituent une source potentielle de monoxyde de carbone, en quantité variable selon la nature de ce combustible et la qualité de la combustion :

- les chaudières à bois, à charbon, à gaz, ou à fioul
- les chauffe-eau et chauffe-bain
- les inserts de cheminées, les poêles
- les chauffages mobiles d’appoint
- les cuisinières à bois, à charbon, ou à gaz
- les moteurs automobiles dans les garages
- les groupes électrogènes à essence ou à fioul et tout moteur thermique fixe ou mobile
- les appareils « de fortune » type brasero

Pour en savoir plus ==>

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Les textes sont parus, l’obligation d’entretien est entrée en vigueur

DÉCRYPTAGE. Les pouvoirs publics avaient annoncé, en mars 2020, que la maintenance des pompes à chaleur allait devenir obligatoire tous les deux ans. Les textes instituant cette décision sont parus fin juillet 2020 et sont entrés en vigueur pour le neuf comme pour l’existant. Explications avec Valérie Laplagne, en charge de la chaleur renouvelable chez Uniclima, et Roland Bouquet, vice-président délégué du Synasav.

La maintenance obligatoire, tous les deux ans, des pompes à chaleur est aujourd’hui une réalité. Les textes instaurant cette disposition sont en effet parus fin juillet au Journal officiel, quelques mois après l’annonce par les pouvoirs publics de cette évolution. L’administration a profité de la transposition de la directive européenne sur l’efficacité énergétique pour harmoniser les conditions de contrôles des installations de chauffage en général. L’apport le plus manifeste de ces travaux constitue ainsi l’entrée de la Pac dans cette logique de contrôle obligatoire. Les textes de juillet concernent aussi bien les équipements neufs, qui devront être contrôlés au plus tard dans les deux ans suivant leur installation, que les existants qui devront l’être d’ici au 1er juillet 2022.

Unité extérieure Panasonic pour 5 modules
Unité extérieure PAC : Réalisation BERRAND-SARL

Une obligation de contrôle pour les installations d’une puissance de 4 à 70kW

« Jusqu’ici, seuls les pompes à chaleur réversibles et les appareils de climatisation étaient soumis à une inspection, pour les puissances supérieures à 12 kW », nous explique Valérie Laplagne, en charge de la chaleur renouvelable chez Uniclima. La directive européenne a relevé ce seuil à 70kW, et les pouvoirs publics français ont « comblé le trou » en introduisant cette contrainte d’entretien pour les équipements dont la puissance est située entre 4Kw et 70kW, comme c’est déjà le cas pour les chaudières. Un autre arrêté concerne l’inspection périodique des « systèmes thermodynamiques et des systèmes de ventilation combiné à un chauffage » d’une puissance supérieure à 70 kilowatts.

 « Nous souhaitions cette évolution au vu de l’augmentation du nombre de pompes à chaleur vendues« 

Unité Interieure
Unité Interieure climatisation

 « Nous sommes satisfaits, car nous militions depuis deux ans pour cela« , explique Roland Bouquet, vice-président du syndicat national de la maintenance et des services en efficacité énergétique (Synasav). « Nous souhaitions cette évolution au vu de l’augmentation du nombre de pompes à chaleur vendues, liée au coup de pouce chauffage, mais également à une évolution sociétale qui fait que les gens veulent sortir du carbone. » Les détracteurs de la commercialisation massive de pompes à chaleur pointaient en effet souvent le fait que la maintenance n’était pas obligatoire ; ce n’est donc plus le cas aujourd’hui.

 Technicien de maintenance, un métier d’avenir ?

 La filière doit à présent s’organiser pour être en mesure de contrôler jusqu’à 500.000 Pac par an. « Nous avons monté des groupes de travail à ce sujet, avec l’objectif d’attirer des jeunes et de former le personnel », détaille Roland Bouquet. « Nous devons montrer que technicien de maintenance est un métier d’avenir, faisant appel aux outils numériques pour programmer et réguler les équipements, avec une bonne part d’autonomie. » Charge aux acteurs, également, de communiquer auprès des professionnels et du grand public pour que cette obligation de maintenance soit respectée.

 Plus techniquement, l’arrêté concernant les installations de 4 à 70kW comporte trois annexes, concernant les points que comporte l’entretien, les conseils à apporter aux clients (sur le système thermodynamique, le fluide frigorigène, les systèmes de régulation et de contrôle de température…), et la réalisation d’une attestation d’entretien.

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Source : batiactu